Playground with a view – Vanessa Kuzay

playground with a view - Vanessa Kuzay
©Vanessa Kuzay

photographe : Vanessa Kuzay

Cette photo a été prise lors d’un roadtrip en Islande au printemps dernier. Même si j’en avais vu énormément d’images, ce pays a été une véritable claque. On y sent la nature surpuissante, les entrailles de la Terre qui ne sont pas loin dont on sent le soufre et la chaleur, la violence des éléments qui peuvent se déchaîner d’un moment à l’autre.

Je suis partie pour 10 jours avec seulement quatre pellicules couleurs, deux pellicules noir et blanc, mon fidèle Olympus OM10 et le minox 35GT. Cette restriction en matériel était volontaire. Dans un pays qui offre à chaque virage des paysages littéralement extraordinaires, l’idée était d’éviter de faire de la photographie compulsive, et de déclencher pour immortaliser chaque paysage.

Comme dans mes autres travaux photographiques, ce qui m’a intéressé particulièrement, c’était la trace humaine et la manière dont l’Homme tente de maîtriser cette nature imprévisible, de s’y faire une place, alors qu’on a l’impression que c’est parfois l’inverse dans de nombreuses régions du monde.

J’ai donc pris du temps pour rouler dans les zones résidentielles des « agglomérations » (tout est relatif dans un pays qui compte un peu plus de 300 000 habitants !). C’est un type de paysage qui m’intéresse de manière générale, car les lotissements et zones pavillonnaires sont très standardisés. On y retrouve les maisons alignées, les pelouses bien tondues, les barrières blanches qui délimitent les propriétés et puis les parties communes, censées favoriser l’interaction entre les résidents.

Les terrains de sport en font partie. On y trouve souvent des adolescents du quartier, qui s’ennuient parfois, et rêvent d’un ailleurs.

Ce terrain de basket là m’a particulièrement interpelée car il se situe dans une petite ville perdue au milieu de grands espaces. L’idée même de pavillon avec ses alignements, ses espaces clos semble presque dérisoire dans un tel décor.

On voit la tourbe qu’on ne peut pas maîtriser, les eaux glacées d’un étang, et on aperçoit au loin les hauts sommets enneigés. La nature règne en maître. Et on peut deviner que le panneau de basket a lui même été victime de la violence des rafales de vent polaire.

Pour moi, cette image symbolise bien la place de l’Homme en Islande, une tentative…

Lien vers la série d’où est extraite l’image : Kyrro

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