Pekin 1965, Marc Riboud – Image en filigrane

Pékin 1965, Marc Riboud
Pékin 1965, Marc Riboud

Prospérité, C’est le nom de la boutique qui apparait dans le rectangle en haut à gauche.
Prospère : qui est dans un état heureux de réussite, de succès, souvent avec une idée de belle apparence, est la définition donnée par le Petit Robert. Et prospère, Marc Riboud l’est sans aucun doute avec cette image prise dans une rue de Pékin en 1965.

Le photographe se sépare du monde pour témoigner par bribes d’une civilisation étrangère (en 1965 la Chine n’est que très peu fréquentée par les occidentaux) depuis une boutique d’Antiquité à Pékin, la capitale.

La prouesse de cette photographie réside dans son rythme et sa composition parfaite. Si la mise en abime du cadre dans le cadre est une pratique commune à la photographie, rares sont les images aussi bien maîtrisées que celle-ci. Dans chaque fenêtre se joue en effet des saynètes, qui semblent indépendantes les unes des autres. Pourtant, c’est bien dans le même espace – une rue, que les différents personnages évoluent et interagissent.On pourrait se plaire à isoler chaque fenêtre du cadre pour mener une analyse détaillée de chaque élément ou action qui le compose : ici, un homme tient dans ses bras un enfant, là deux personnes sont assises sur des marches, là le regard d’un enfant croise le Leica du photographe.

Il faut je le crois dépasser ce simple découpage graphique et s’engager dans une observation abstraite, plus poétique. Il me semble que tout le sens réside dans ce dialogue silencieux qui s’instaure au milieu de l’image : les mots échangés entre le vieil homme debout et penché dans le cadre central et la petite fille en bord du rectangle de droite. Cette conversation inaudible hypnotise le lecteur, elle l’amène à chercher du sens, à imaginer l’infini des intrigues qui se jouent à l’intérieur du cadre.

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