L’Eternité ou Rien – Orianne Olive

«L’éternité ou rien» questionne notre rapport à l’existence en explorant tous les versants. La vie, la mort, le quotidien, le moment présent, les questionnements… Plus que la peur de mourir, on gère l’angoisse viscerale de ne plus vivre, ou pire encore, celle de ne pas avoir vecu. Née de témoignages, de conversations, de ressentis propres, elle explore par des vues individuelles des problématiques sociétales, générationnelles et contextuelles.
Dans cette thématique, une série spin-off est en cours de réalisation. Elle est spécifiquement consacrée au sujet du terrorisme et étudie l’impact qu’il peut avoir sur l’ensemble d’une population à travers le ressenti individuel. L’amour, les promesses, la famille, le futur qu’on tente de se construire… Quel est le sens de la vie si tout peut s’arrêter sur un malentendu, juste en étant au mauvais endroit au mauvais moment. Elle se base sur des témoignages de
victimes et de personnes lambda qui expliquent comment elles vivent avec le spectre d’une menace planante.
L’idée est à terme d’en sortir un travail complet qui explore notre rapport à l’existence et comment celui ci évolue avec les spécificités de notre histoire contemporaine.

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Basée à : Marseille, FRANCE

Révélateur Phocéen : Peux-tu te présenter et expliquer ton parcours dans la photographie et ce qui t’y à amené ?

Orianne Olive : Je suis une photojournaliste devenue journaliste. J’ai une famille très amatrice de photographie donc l’acte de photographier était pour tous une habitude quotidienne. Mon père m’a donné son Nikon FM et c’est là que j’ai vraiment commencé à pousser ma démarche. J’ai fait des études de cinéma, et notamment de cinéma documentaire. Et ensuite des études de criminologie. En parallèle j’ai beaucoup voyagé et photographié tout ça. En 2004, on m’a proposé d’exposer au festival de photographie d’Alep en Syrie. Mes travaux ont été remarqués et ma première mission de commande passée. Je me souviens, c’était pour un reportage au Japon. De là je suis devenue photographe indépendante de presse.

Révélateur Phocéen : Ton travail est très proche du monde de l’image et de la photo, comment gères-tu le travail pro et perso ?

La démarche en tant qu’auteur est très différente du travail de commande. Aujourd’hui je suis journaliste pour un magazine de la presse écrite mais j’y tiens encore une rubrique mensuelle purement photographique, six pages de reportage en image. Il y a un sujet, un angle à respecter, bien sur un positionnement en tant que photographe mais à aucun moment mon ressenti n’a de l’importance. Je suis au service d’un sujet, de l’actu, mon rôle est d’informer. En tant qu’auteur, je peux exprimer quelque chose de plus personnel et explorer des questionnements plus intimes.

Révélateur Phocéen : Que tu photographies-tu, pourquoi ?

Je mets un point d’honneur à ne jamais cesser de questionner le monde. Tout est guidé par la curiosité, la mise en abime, la philosophie du doute. Peu importe ce qui est photographié, l’important est d’y trouver des réponses, de nouvelles questions, des émotions.

Révélateur Phocéen : Tes photographies sont présentées principalement en N&B, vois-tu la vie en N&B ?
Qu’as tu à dire à ceux qui disent que l’on voit en couleur, « pourquoi photographier en N&B alors qu’on à inventé des films couleurs depuis longtemps » ?

Bizarrement je photographie en N&B la vie réelle et quasi toujours en couleur ce qui est mis en scène. Difficile d’expliquer pourquoi, habitude, ou peut être la volonté de recentrer l‘attention sur autre chose que l’information esthétique que peuvent renvoyer les couleurs.

Révélateur Phocéen : Y a-t-il des photographes du coin dont tu voudrais nous parler ?

Il y a beaucoup de photographes du coin qui ont un vrai talent et un vrai point de vue a
apporter. Les échanges sont souvent intéressants. Nombre d’entre nous travaillions de plus en plus en collectif, en binôme, en collaboration, et c’est une excellente chose. Le métier de photographe est un métier solitaire, et il doit le rester. Mais être assez ouvert d’esprit pour échanger et monter des projets ensemble ne peut que nous tirer tous vers le haut.

Révélateur Phocéen : As-tu des évènement, expos, projets, … en cours ?

Je suis actuellement dans la construction de ce projet autour de l’existence avec l’idée d’en sortir une installation complète où le tirage lui même est interrogé sur son existence propre. Et j’écris beaucoup. J’en publie parfois des bribes sur les réseaux mais l’idée serait d’en faire quelque chose de plus, peut-être un dialogue entre écrits et photos.
La priorité pour moi est de continuer de vivre de façon frénétique, intense, ancrée dans le présent, pour emmagasiner, capter et produire de nouvelles choses. Bref, continuer d’interroger le monde.

Révélateur Phocéen : Quel est le dernier livre photo que tu as acheté, ou la dernière exposition qui t’as marquée ?

On m’a offert récemment « Tôt un dimanche matin, journal de Montreal » de Julien Coquentin. J’ai plongé dans ce livre, très subtil, très authentique. Je retiens également l’expo « La guerre n’est pas un fait divers » de Stephen Dock chez Aza. L’angle choisi est intéressant, et pour bien connaître le terrain (Syrie, Liban, etc…), les images m’ont touchée.

Révélateur Phocéen : L’argentique est-il important à tes yeux à notre époque ?

Peut être ne pas perdre les bases. Ou juste ne pas perdre une richesse de rendus. On n’obtiendra jamais les mêmes grains, les mêmes résultats entre une photo prise en argentique et une photo prise en numérique. Les deux sont complémentaires, et c’est peut être ça le plus important. Il faut de tout pour faire un monde. Les rituels ne sont pas les mêmes, l’important est juste d’y trouver son plaisir.

Révélateur Phocéen : Qu’aimerais tu ajouter pour finir cette interview ?

Merci. Et peut être conclure par la chose la plus importante à mes yeux : tout voir, tout vivre.

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