Interview – Corentin Fohlen Lauréat du Prix Maison Blanche 2017

Comme chaque années, le Prix Maison Blanche est décerné à un Lauréat lors d’une soirée à la Maison Blanche de Marseille, la mairie du 9eme arrondissement.
Cette année le 1er pris est décerné à Corentin Fohlen, photoreporter de 36 ans, son travail sera exposé à Maison Blanche entouré des autres lauréats du Pris Maison Blanche 2017. Pour cette occasion le révélateur Phocéen à posé quelques question sur le travail de Corentin Fohlen réalisé sur Haïti.

Révélateur Phocéen : Bonjour Corentin, pourrais-tu te présenter brièvement pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je suis né à l’élection de Mitterrand, et à la mort de Bob Marley. Donc je suis fondamentalement de gauche, et fan de musique. Mais pas spécialement de reggae. Et je n’ai jamais pu sentir François Mitterrand, donc au final je suis tout en complexité.
Ceux qui ne me connaissent pas devront attendre la sortie de mon encyclopédie de « ma vie, mon œuvre » qui sera éditée en 3 tomes un jour. En attendant ils font comme tout le monde, et doivent regarder la rubrique « biographie » de mon site.

RP : Dans ta vie de tous les jours est ce que tu pratique la photo ou est-ce réservé maintenant seulement pour le travail ?

La photographie est toute ma vie, et inversement.

RP : Tu es le lauréat du Prix maison Blanche 2017, comment as-tu choisi quel série présenter pour le concours ?

Cette série est assez différente de ma pratique photo habituelle. Depuis le début je la travaille de façon conceptuelle en série. C’est lorsque je me suis rendu compte que la photographie conceptuelle était facile, que j’ai moi aussi voulu en faire !

RP : Tu as beaucoup de série et photographies sur Haïti, quel est ton lien avec ce lieu ?

C’est une histoire d’amour avant tout. Avec le pays, avec les haïtiens, avec son histoire.

RP : Derrière cette série pleine de couleur se cache une histoire moins joyeuse, est-ce voulu ce choix de la couleur ?

La question devrait se poser aux photographes qui travaillent en noir et blanc. Travailler en couleur est tout ce qu’il y a de basique. La vie est en couleur. Utiliser le noir et blanc est une simple affaire d’esthétisme. Je le sais, j’ai commencé la photo par cela.

LUMANE CASIMIR008

RP : Quel matériel as-tu utilisé pour ce projet ?

un appareil photo

RP : Quel relation as-tu eu avec les familles qui habitent ces maisons et avec le gouvernement qui n’as pas tenu beaucoup de promesse sur ce projet ?

je recroise à chaque fois quelques familles ou personnages, mais la plupart du temps dans la journée le village est relativement désert, les adultes travaillent, les enfants vont à l’école. Cette série est – à l’encontre de mon habitude – un travail qui s’attache plus aux lieu qu’aux humains. Donc le rapport est plus distant.

RP : As-tu une anecdote à nous raconter en rapport à une image de cette série ?

Un jour je croise un « blanc » (comme on dit de tout étranger) sur le pas de la porte d’une des maisons. Intrigué je l’interview. Il vivait en Haïti depuis longtemps, et après avoir perdu son business de vente de motos, s’était retrouvé ici avec sa femme. L’année dernière les deux tiers du village jusqu’ici inoccupé ont été squatté par des familles ayant perdu leur maison suite à la tornade Matthew. Meme des fonctionnaires de police ont occupé illégalement des maisons. La situation n’est plus gérée par l’organisme qui en avait la charge. J’y retourne en février pour poursuivre notamment ce travail.

RP : Connais tu Marseille ?

J’ai vécu à Aix-en-Provence comme tout bourgeois qui se respecte (rires) durant mon lycée, mais j’ai détesté la région. J’ai un tempérament du nord. Mon coeur est en Bretagne. Je n’ai jamais photographié Marseille, mais la crasse, le bordel ambiant, l’incivilité permanente, la grande gueule des marseillais me rappellent finalement un peu de Port-au-Prince. Et Paris aussi, c’est fou comme les parisiens et les marseillais se ressemblent ! (bon la je crois que je ne pourrai plus jamais foutre un pied à Marseille ! ah ah)

29 novembre 2012
SERIE MORNE-A-CABRI – FEVRIER 2017
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