Interview – Ana Bloom, “Souffles”

Ana Bloom est passée par Marseille pour exposer son travail à la galerie LAME, ça a été l’occasion de la rencontrer et de parler de son travail photographique !
La photographe travail entre Paris et Marseille, une ville qui à de l’importance pour elle, elle nous le raconte dans l’interview !

L’exposition “Souffles” est visible à la galerie LAME jusqu’au 26 Mars !!

Ana Bloom - Souffles

Bonjour Ana, pourrais-tu nous raconter tes débuts dans la photographie et ton parcours ?

ANA :“J’ai commencé à 9 ans, mon instituteur à l’école primaire était passionné de photographie. Il avait installé une chambre noire dans l’école, les activités artistiques étaient très axées sur la photo. A côté de ça il y a beaucoup d’artistes dans ma famille, peintre, illustrateur, designer ou intellectuelle, j’ai baigné dans l’art toute ma jeunesse… Mon parcours à vraiment commencé lors de mes études en histoire avec un travail qui s’intéressait comme aujourd’hui à l’être humain et sa relation a l’environnement dans lequel il évolue. Mon mémoire universitaire à 21 ans était sous forme d’exposition photo sur l’habitat social à Paris entre 1850 et 1930 avec une expo itinérante dans chacun arrondissement et Mairie de Paris.

Après ça je suis partie aux États-Unis où je suis devenue assistante photo après avoir été productrice de défilés de mode pour Kenzo. J’ai d’abord fait de la nature morte puis du portrait pour enfin revenir sur la mode, en tant qu’assistante photo il y a beaucoup de défis, on est véritablement chef opérateur et on à accès à beaucoup de choses intéressantes ! j’ai assisté beaucoup de photographes entre Paris, Londres et New-York sur de grosses campagnes de mode. En parallèle j’ai refait un cycle d’études Master en France où j’ai rencontré des historiens, critiques et théoriciens de la photo comme André Rouillé, Dominique Baqué et d’autres.

J’ai été sélectionné pour réaliser un essai photographique avec le conseil general de Seine-Saint-Denis où j’ai interrogé les questions d’identité des jeunes des banlieues dans les cités. J’ai travailler deux ans sur ce travail dont l’ouvre originale fait maintenant partie Fond d’art contemporain de la Seine Saint Denis.

Ce travail m’a fait entrer chez Libération et j’ai lâché ma carrière d’assistance petit à petit. J’ai travaillé pour plusieurs magazines ensuite, Le Monde, l’Express, Marie Claire et beaucoup d’autres. J’ai continué dans la mode mais dans la tendance, c’est un travail intuitif et intellectuel, pour le studio EdelKoort l’un des  studio de tendance les plus respecter au monde.
Avec ce bureau de tendance j’ai travaillé avec beaucoup de magazines qui questionnent sur notre relation à la nature…”

Ana Bloom - Souffles

 

Quel à été ton premier travail exposé ?

ANA :“Ma première exposition c’est les populations indiennes au Guatemala en 1994. Ce sont les mêmes interrogations que ma série en Seine-Saint-Denis : « l’homme, l’histoire et sont environnement”
Au Guatemala c’est à peu près la même chose. J’ai essayé de comprendre comment une population indienne majoritaire a 65 % et qui à tout pour être autonome n’obtient pas le pouvoir aux élections dans un pays ou le gouvernement américain place ses pions au pouvoir depuis le temps des les républiques bananières jusqu’à aujourd’hui,  éliminant toutes possibilités pour les populations indigènes de prendre le pouvoir qui leur serait légitime et pour préserver leurs cultures.”

 

Justement pour cette exposition “Souffles” à la Galerie LAME de Marseille, il y a aussi une question de “surface” qui est à la fois le fil conducteur de la galerie en ce moment et le milieu aquatique de tes photos, quel était ton objectif ?

ANA : “Comme je t’ai dis j’ai une façon de travailler très intuitive et à la fois une construction intellectuelle sur mes sujets. C’est quelque chose qui est sorti l’année dernière alors que j’etais en résidence artistique. Je pense qu’il y avait beaucoup de souffrance en rapport avec “des gens dans l’eau” et je viens d’une famille qui a vécu ce voyage il y a un siècle avec une histoire quasi identique à ce qui se passe actuellement avec les migrants. Mon histoire est marquée par ces âmes qui surnage depuis un siècle au fil des révolution et des migrations.

Avec le temps ma vie spirituelle s’est enrichie et je pense que ce travail inclus cette dimension aujourd’hui. Je pense qu’il y a eu une volonté de ramener tous ces fantômes à la surface sensible en photographiant ces gens.

Chaque photographe travail différemment, là il y a vraiment cette histoire de surface, une volonté dans mon protocole de prise de vue d’aller voir de l’autre cote dans une autre dimension ou la vie et la mort serait en jeux. Au final, je les fait un peut “souffrir” mes modèles, je les déconstruit… je les fait mourir et je les ramène à la vie… A travers ce processus c’est comme si j’appelais leur fantôme, ce qui apparait c’est la vie. Je voulais voir au fond de leur âme par quels fantômes ils étaient habités…C’est un travail très personnel, le sujet est bien-sûr différent de moi et c’est son souffle à lui qui va appeler ses fantômes et ça ça m’échappe, c’est ce qui est intéressant !

Il y a aussi dans le processus de prise de vue un éclatement du corps, de la peau au-delà de la déformation, c’est la séparation du corps et de l’esprit. Ça va de la poésie jusqu’à cette séparation.”

 

Pour quoi avoir démarré à Marseille ?

ANA :“Ce travail j’ai décidé de le faire à Marseille et j’ai adoré  le nouveau site de la galerie qui rentrait en résonance avec ce travail. Il y a eu une veritable synchronicite a ce niveau la. Je me suis rendu compte que ce n’était pas par hasard :
Il y a 20 ans que je suis venu pour la première fois à Marseille pour faire un carnet littéraire pour Libération, je suis venu photographier la libraire de la vieille charité, et il se trouve que j’avais passé cette journée sur le lieu de la galerie LAME qui à l’époque était le lieu où tous les artistes “underground” se rassemblaient. Pendant que je réalisais “Souffles” j’ai pris un café avec le galeriste et il m’a montré ce lieu face au J1 qui est le lieu par lequel tous les migrants passaient. Pour moi ça ne pouvait pas être ailleurs, il fallait que cela commence à Marseille…”

Il va y avoir une continuité sur cette expo ?

ANA :“Pour les lieux, l’exposition va partir à Londres et j’aimerais Rome aussi !
Il va y avoir un livre aussi avec un poète et grand philosophe qui est en cours d’écriture. Pour moi la narration classique ne peut pas se conformer a l’exercice visuel et photographique que je propose  Seule la poésie peut se joindre a ce discours des âmes.  J’aime bien aussi faire rentrer d’autres artistes dans mes projets, et je collabore aussi dans des projet d’autres de mes amis artistes.”

Ana Bloom - Souffles

 

 

Ana Bloom - Souffles

 

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