Chris Garvi sur l’Huveaune

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Chris Garvi sur l’Huveaune

A la rencontre du photographe Chris Garvi pour parler de sa série “Je marcherai le long de l’Huveaune”. Un projet au long terme (2014 – 2017) réalisé sur tout le tracé de l’Huveaune, une rivière que tous les marseillais connaissent sans la connaitre vraiment. Après une exposition chez Rétine argentique en 2016, Chris à continué de photographier ces lieux et projette l’édition d’un livre.

Révélateur Phocéen : Pour ceux qui ne te connaissent pas peux-tu te présenter rapidement ?

Je suis photographe indépendant vivant à Marseille. Je travaille essentiellement sur des projets au long court. J’ai débuté la photographie en 1999 à la fin du lycée. Je suis resté fidèle depuis mes débuts à la photographie argentique simplement parce que je ne sais pas faire de photographie différemment pour mes projets personnels. J’enseigne l’anglais en lycée professionnel.

RP : Beaucoup de personnes me parlent de ta série “Je marcherai le long de l’Huveaune” et veulent en savoir plus, est-ce que tu à continué ce travail ?

Tout d’abord je suis heureux que ce travail intéresse les gens. J’ai commencé ce travail en 2014 un peu par hasard et sans trop savoir ce que j’allais raconter. Puis, au fil des images et des rencontres, la narration s’est imposée d’elle même. J’ai passé plus de trois ans sur ce projet et je pense qu’il est temps de le boucler…J’ai fait les dernières images au mois d’avril 2017…

RP : Jusqu’où voudrais-tu aller dans cette recherche ?

Je pense avoir maintenant toutes les images pour la publication d’un livre. Bien entendu, ce travail pourrait se poursuivre encore des années. Mais je crois qu’il est important d’y mettre un terme. Le projet d’édition avec André Frère y mettrait à mon sens un beau point final. Non seulement je crois avoir dit tout ce que j’avais à dire, mais aussi, j’éprouve maintenant la nécessité d’avancer sur d’autres projets, qu’ils soient personnels ou avec ma compagne et photographe Pauline Alioua, avec qui nous travaillons sur des projets en commun.

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RP : Aujourd’hui tu as pu étoffer tes image pour ce projet, tu as un projet d’édition avec André Frère. Tu peux nous en dire plus sur le déroulement de ce projet ?

Oui nous avons un projet d’édition avec André Frère. Cela s’est passé très naturellement. Il est venu voir l’exposition à la Rétine Argentique en février 2016 où je présentais le projet avec une vingtaine d’images. Le projet lui a plu. C’est ainsi que nous avons commencé à travailler ensemble sur le choix des images, la maquette du livre, etc. Nous avons déposé une demande de financement auprès du CG13 (aide au financement éditorial). Nous attendons la réponse…

RP : As-tu l’habitude d’utiliser plusieurs formats ou plusieurs techniques (n&b + couleur, numérique + argentique, etc…) pour un même projet ? pourquoi ?

Non. Jusqu’à présent, j’ai toujours privilégié un seul format et matériel par projet. “Je marcherai le long de l’Huveaune” a été réalisé à l’aide d’un appareil moyen format et du film Kodak. Mais je refuse de figer ma photographie alors je ne ferme pas la porte à l’idée de mélanger plusieurs techniques, formats pour un même projet…Je cherche toujours à m’ouvrir à autre chose…

RP : Les personnes rencontrées le long de l’Huveaune ont-elles été facilement abordable ?

Oui et non. Disons que pour obtenir un portrait j’ai environ deux refus. Je comprends la position des personnes qui voient apparaître un gars comme ça sorti de nul part et leur demande de poser pour lui ! Mais les gens qui ont accepté l’ont fait avec bienveillance et intérêt pour le projet.

RP : Est-ce que je peux te demander une photo que tu considères comme “forte” et son histoire ?

Je suis forcé de te parler de deux images ; le projet s’articule autour des portraits, qui sont le relais entre les lieux…Sans hésiter, le portrait du Monsieur avec son chien, car c’est le premier portrait que j’ai réalisé ! Je me souviens d’avoir ressenti de l’appréhension à l’aborder. Il avait le visage fermé, pris dans ses pensées avec son chien. Puis il y a cette image où l’on voit ce matelas au milieu de la rivière. Cette image montre à la fois ce qu’elle est, souvent une poubelle à ciel ouvert, mais aussi évoque une certaine métaphore nécessaire au projet : le rêve, le sommeil, le passage, etc.

RP : Tu évoquais “un parcours poétique” lors du dernier article, est-ce que le travail autour de la poésie est une donnée obligatoire dans tes projets ?

Oui c’est essentiel. Je trouve si poétique l’idée que la rivière serait née des larmes de MarieMadeleine, si triste et seule dans cette grotte de la Sainte Baume…Si une image ne m’évoque pas au moins quelques lignes de poésie alors c’est que l’image ne vaut pas la peine d’être retenue…C’est comme cela que je retiens mes images. Parfois, je prends note de ces poèmes, parfois, il ne reste que dans ma tête…

RP : Au-delà de la poésie, qu’est ce qui t’as marqué dans ce travail ?

Vraiment c’est l’abandon de cette rivière. Son état déplorable, notamment dans son parcours marseillais…Il y a des coins vraiment superbes, notamment au delà d’Aubagne. Mais souvent, c’est une déchetterie à ciel ouvert ! Ce n’est pourtant qu’une petite rivière, miniature dans l’immensité du monde. Je parle de cette petite rivière pour parler des autres. Parler du minuscule pour parler de l’universel.

RP : Pour développer l’article de 2015 sur cette série, est-ce que je peux te demander de nous dévoiler quelques nouvelles images de ce projet ?

Oui. Voici deux images que je n’ai jamais montrées. Sur l’une, on y voit un couple de dos, contempler le passage de la rivière. Sur l’autre, il s’agit d’une vue depuis derrière le pare-brise de ma voiture. J’avais besoin d’images plus diffuses, moins nettes, presque surréalistes…

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Site web de Chris : www.chrisgarvi.com
Instagram : @chrisgravis

 Article précédent sur Chris Garvi :

Je marcherai le long de l’Huveaune

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