Bastiaraiso – Bernard Cantié

Dans le cadre du festival La Photographie Marseille Bernard Cantié expose sa toute dernière série « Bastiaraiso » visible chez Rétine argentique actuellement. J’ai profité de cette occasion pour rencontrer le photographe sur place et lui poser quelques questions par rapport à ce travail mais aussi sur son travail photographique et son actualité…
Cette exposition réalisée en partenariat avec Polka se déplacera dans plusieurs villes après Marseille comme Strasbourg, Bastia (bien-sûr), Ajaccio, Vannes, Le Mans, …

Cette série constitue une suite au voyage de Bernard Cantié à travers son île, la Corse, après « In Pease » consacré à son propre village, le photographe est parti marcher dans les rues de Bastia et nous présente un travail nomé « Bastiaraiso », un petit clin d’œil à Sergio Larrain.Dans ces photographies, toujours en Noir & Blanc, on retrouve la notion de départ et d’arrivée marqué par ces images prises sur le port de Bastia, le côté sombre et mystérieux des photographies nous incite à nous faire nos propres histoires au travers des images proposées, comme il le dit « Bastia est un endroit de rêverie où chaque endroit à son mystère ».

Dans une photographie où il n’y a pas vraiment de règle, Bernard Cantié photographie aussi bien des paysage en portrait ou des portrait en paysage, bien que propriétaire d’un Leica le piqué n’est pas important pour lui, ses images sont intemporelles.
Cette série hommage à Sergio Larrain pour « Valparaiso » se rapproche également de « Le voyage mexicain » de Bernard Plossu. Au-delà de leur prénoms, Plossu et Cantié nous invitent à un voyage photographique. Plossu disait « une belle photo c’est une photo grise », pour Cantié c’est ou très noir ou très blanc, rarement gris.
« Bastiaraiso » est un ensemble d’images dont la plus ancienne date de 1987 et la plus récente de 2017, cette série est apparue au photographe au fur et à mesure de ses « editing » se rendant compte que Bastia méritait une série dans l’histoire de Bernard Cantié.

Bastiaraiso - Bernard Cantié
©Bernard Cantié

Révélateur Phocéen : quel est le lien entre le nom de cette série « Bastiaraiso » et « Valparaiso » de Sergio Larrain ?

C’est un hommage à Sergio Larrain, c’est un jour ça m’est venu comme ça, un jour j’étais en train de photographier à Bastia, je me promenais et je tombe sur un copain, je lui explique que je fais des photos de la ville, il m’incite à bouger pour faire des photos et je lui réponds que « c’est Valparaiso ici ! », je me reprends et je dis « Non c’est pas Valparaiso, c’est Bastiaraiso ici ! » et ça m’est resté…

RP : Aujourd’hui tes photographies son identifiables, tu as ta « patte », peux-tu nous expliquer quel est le style « Bernard Cantié » ?

Alors moi je ne vois que la lumière, je ne vois pas le plan. Dès qu’il y a un rrayon de lumière je pars du noir et je vais vers la lumière, des photographes comme Cartier-Bresson sont des photographes de plan, moi je ne vois que les plans lumineux.
Ce que vous voyez sur mes photos, c’est exactement ce que je vois, ce qui compte pour moi c’est l’atmosphère.

« je voulais réaliser un cadastre poétique de la Corse »

RP : Comment as-tu monté cette série « Bastiaraiso » et « In Paese », qui finalement se parlent ?

Je pense ma conception photographique à partir de mon petit village, c’est mon premier livre, In Paese. Ensuite je pars de l’infiniment petit, j’ouvre plus grand et j’ai voulu approfondir sur Bastia et je me suis dis que je voulais réaliser un cadastre poétique de la Corse, un bouquin sur cette île en N&B tel que je la voie, tel qu’elle m’est apparue.
Donc mon village, ensuite c’est Bastia, je les voie comme des chapitres, le prochain chapitre s’appellera peut-être « ce sera mieux à deux ». Tout cela pour arriver a une oeuvre finale et définitive, un livre de 300 photos : « Cadastre poétique d’une île au XX1° siècle ».

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« Si on a le cœur et les yeux ouverts, tout moment à son moment de perfection »

RP : Les deux premiers chapitres ce sont des lieux, Pruno et Bastia, pour ce troisième chapitre ce sera également un lieu ?

Non, ce sera plus général sur la Corse, je ne sais pas encore comment je vais agencer ça, j’ai des images déjà mais il faut que j’avance, ce sera toujours un travail Noir & Blanc.

RP : Aimes tu photographier à Marseille ?

Je photographie de tout partout, mais il y a une très belle lumière ici. Il y a comme une école marseillaise de la photographie avec beaucoup de photographes qui se servent bien de cette lumière dans les rues.
Je ne l’aborderai pas comme ça mais il y a beaucoup de choses à faire, il y a un karma photographique à Marseille !

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